Prime médaille du travail : est-elle imposable en 2026 ?

Actualité publiée le 17/03/2026 à 10h45 - Rédigé par Adrien B.
Temps de lecture : 4 minutes
Cet article explique si la prime liée à la médaille d’honneur du travail est désormais imposable, qui peut bénéficier de cette distinction et quelles sont les démarches à effectuer pour l’obtenir.

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Prime médaille du travail : est-elle imposable en 2026 ?

La prime de la médaille du travail est-elle imposable en 2026 ? Découvrez les nouvelles règles fiscales, les conditions et les démarches pour l’obtenir.

La médaille d’honneur du travail fait partie de ces distinctions discrètes mais très appréciées dans le monde professionnel. Créée en 1948, elle récompense l’ancienneté et l’engagement des salariés du secteur privé tout au long de leur carrière. Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de travailleurs reçoivent cette distinction honorifique pour saluer leurs années de service.

Mais depuis peu, une question revient souvent : la prime de la médaille du travail est-elle désormais imposable ? La réponse est oui… mais la réalité est un peu plus nuancée.

En effet, la médaille elle-même reste purement honorifique. En revanche, une gratification financière peut parfois être versée par l’employeur, selon la convention collective ou les accords internes de l’entreprise. Or, depuis une modification récente de la législation fiscale, le traitement de cette prime a évolué.

Dans cet article, nous allons faire le point sur ce qui change en 2026 pour la prime liée à la médaille du travail, qui peut réellement en bénéficier, et dans quelles conditions cette récompense peut être demandée.

 

Ce qui change en 2026 pour la prime de la médaille du travail

Jusqu’à récemment, la prime versée à l’occasion de la médaille d’honneur du travail bénéficiait d’un régime fiscal particulier. Lorsqu’elle était attribuée par l’employeur, cette gratification pouvait être exonérée d’impôt sur le revenu, à condition qu’elle reste inférieure à un certain plafond.

Cette exonération figurait dans l’article 157 du Code général des impôts, qui prévoyait que certaines gratifications liées à l’ancienneté pouvaient être exclues du revenu imposable. Concrètement, de nombreux salariés pouvaient percevoir une prime sans qu’elle soit intégrée à leur déclaration fiscale.

Mais la situation a changé avec la loi de finances récente. En effet, l’alinéa du Code général des impôts qui permettait cette exonération a été supprimé, ce qui modifie le traitement fiscal de ces gratifications.

Résultat : la prime liée à la médaille du travail est désormais soumise à l’impôt sur le revenu dès le premier euro, au même titre que les autres primes versées par un employeur.

Autrement dit, lorsqu’un salarié reçoit une gratification pour l’obtention de sa médaille du travail — par exemple une somme d’argent versée par son entreprise — celle-ci doit désormais être déclarée comme un revenu.

Pour illustrer concrètement cette évolution, prenons un exemple simple.
Un salarié qui reçoit une prime de 1 000 euros et dont le foyer fiscal est imposé dans la tranche à 11 % devra s’acquitter d’environ 110 euros d’impôt sur cette somme.

Cette modification fiscale s’applique aux primes versées depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle mesure. Les gratifications plus anciennes, versées avant cette date, restent soumises aux règles fiscales précédentes.

Pour consulter les textes officiels, il est possible de se référer directement aux informations publiées par l’administration fiscale sur le site service-public.fr, qui détaille les règles applicables à la médaille d’honneur du travail et à ses éventuels avantages.

Toutefois, un point essentiel doit être rappelé : tous les salariés décorés ne reçoivent pas forcément une prime. Et c’est là que beaucoup de confusions apparaissent.

 

La prime de la médaille du travail n’est pas automatique

Contrairement à une idée répandue, la médaille d’honneur du travail ne garantit pas le versement d’une prime. La distinction reste avant tout symbolique. Elle récompense l’ancienneté et l’engagement professionnel, mais elle n’entraîne pas automatiquement une gratification financière.

En réalité, la prime dépend essentiellement de la convention collective ou des accords internes de l’entreprise. Certaines branches professionnelles prévoient effectivement une récompense pour les salariés médaillés, tandis que d’autres n’ont aucune disposition spécifique.

Dans certains secteurs, cette gratification peut être relativement généreuse. Par exemple :

  • certaines conventions collectives prévoient une prime équivalente à un mois de salaire pour la médaille d’or ;
  • dans le secteur du BTP, la gratification peut représenter environ 50 % du salaire mensuel ;
  • plus rarement, certaines entreprises accordent jusqu’à plusieurs mois de salaire pour la grande médaille d’or.

La récompense ne prend d’ailleurs pas toujours la forme d’une somme d’argent. Selon les entreprises, elle peut aussi se traduire par des jours de congé supplémentaires, un cadeau ou un avantage en nature.

Cette variabilité explique pourquoi les montants peuvent être très différents d’une entreprise à l’autre. Deux salariés ayant obtenu la même médaille peuvent ainsi recevoir des gratifications très différentes… ou aucune.

Pour mieux comprendre les montants possibles et les avantages associés à cette distinction, il est possible de consulter notre guide détaillé consacré au sujet.

Dans tous les cas, la règle est désormais claire : si une prime est versée par l’employeur à l’occasion de la médaille du travail, elle est aujourd’hui imposable. La vraie question pour les salariés reste donc de savoir s’ils peuvent prétendre à cette distinction… et comment l’obtenir.

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Qui peut obtenir la médaille d’honneur du travail ?

La médaille d’honneur du travail s’adresse avant tout aux salariés du secteur privé. Elle récompense l’ancienneté professionnelle, mais aussi l’implication et la qualité du travail accompli tout au long d’une carrière.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il n’est pas nécessaire d’avoir travaillé toute sa vie dans la même entreprise. L’ancienneté peut être cumulée auprès de plusieurs employeurs, à condition que les activités aient été exercées dans le secteur privé.

La distinction comporte quatre échelons, chacun correspondant à un nombre d’années de service :

  • Médaille d’argent : 20 ans d’ancienneté
  • Médaille de vermeil : 30 ans d’ancienneté
  • Médaille d’or : 35 ans d’ancienneté
  • Grande médaille d’or : 40 ans d’ancienneté

Ces durées correspondent à l’ensemble de la carrière professionnelle dans le secteur privé. Dans certains cas particuliers, des réductions d’ancienneté peuvent être accordées, notamment pour les salariés ayant exercé des métiers pénibles ou dangereux.

Il faut également savoir que les travailleurs retraités peuvent eux aussi demander la médaille du travail, à condition de remplir les critères d’ancienneté au moment de la demande.

En revanche, certaines catégories de travailleurs ne peuvent pas en bénéficier. C’est notamment le cas des fonctionnaires titulaires, des magistrats ou des agents qui peuvent déjà recevoir une distinction honorifique spécifique à leur administration.

Pour les personnes qui souhaitent comprendre plus en détail le fonctionnement de cette distinction, son histoire et ses conditions d’attribution, un dossier complet est disponible ici :
https://www.contact-administratif.fr/actualite/medaille-du-travail-tout-savoir-sur-cette-distinction-honorifique

 

Quelles périodes comptent dans l’ancienneté ?

Le calcul de l’ancienneté peut soulever des questions. En effet, toutes les périodes de la vie professionnelle ne sont pas prises en compte de la même manière pour l’obtention de la médaille d’honneur du travail.

De manière générale, seules les périodes réellement liées à l’activité professionnelle dans le secteur privé sont retenues. Certaines interruptions de carrière ne sont donc pas comptabilisées.

Par exemple, les périodes de chômage ne sont pas prises en compte dans le calcul de l’ancienneté.

En revanche, plusieurs situations particulières peuvent être intégrées dans le décompte. C’est notamment le cas :

  • des périodes d’apprentissage ;
  • de certaines formations professionnelles ;
  • du service national ;
  • des congés maternité ou paternité dans certaines limites.

Ces règles permettent de prendre en compte la réalité des parcours professionnels, qui sont rarement linéaires. Selon les données du ministère du Travail, plusieurs dizaines de milliers de médailles sont attribuées chaque année en France, ce qui témoigne de l’importance symbolique de cette distinction dans la reconnaissance des carrières longues.

Les modalités précises du calcul de l’ancienneté et les cas particuliers sont détaillés sur le site officiel de l’administration française.

Une fois les conditions d’ancienneté remplies, il reste encore une étape essentielle : déposer un dossier de demande dans les délais prévus.

 

Comment faire la demande de médaille du travail ?

La demande de médaille d’honneur du travail peut être effectuée de deux façons : soit par le salarié lui-même, soit par son employeur. Dans les faits, de nombreux salariés prennent l’initiative de constituer leur dossier lorsque leur ancienneté le permet.

La démarche consiste à remplir un dossier accompagné de plusieurs justificatifs, notamment des attestations d’emploi ou des certificats de travail permettant de prouver l’ancienneté dans le secteur privé.

Deux promotions sont organisées chaque année :

  • la promotion du 1er janvier
  • la promotion du 14 juillet

Pour être prise en compte, la demande doit être déposée dans les délais suivants :

  • avant le 15 octobre pour la promotion du 1er janvier ;
  • avant le 1er mai pour la promotion du 14 juillet.

Le dossier est ensuite examiné par l’administration compétente, généralement la préfecture ou les services de l’État.

Une particularité surprend souvent les futurs bénéficiaires : la médaille elle-même n’est pas fournie gratuitement par l’État. Le ruban officiel est délivré, mais la médaille doit être achetée par le bénéficiaire s’il souhaite la posséder physiquement. Elle peut notamment être commandée auprès d’organismes spécialisés comme la Monnaie de Paris.

 

Ce qu’il faut retenir

La médaille d’honneur du travail reste une distinction importante pour de nombreux salariés du secteur privé. Elle récompense l’ancienneté et l’engagement professionnel tout au long d’une carrière.

Cependant, plusieurs idées reçues circulent encore. Il faut notamment retenir trois points essentiels :

  • la médaille du travail est une distinction honorifique, elle ne garantit pas automatiquement une prime ;
  • la prime dépend de la convention collective ou d’un accord d’entreprise ;
  • si une gratification est versée, elle est désormais imposable et doit être intégrée à la déclaration de revenus.

Avant d’engager une démarche, il est donc conseillé de vérifier les dispositions prévues par sa convention collective et de préparer soigneusement son dossier afin de respecter les délais de dépôt.

Pour les salariés qui remplissent les conditions d’ancienneté, cette distinction reste malgré tout une belle reconnaissance d’une carrière professionnelle parfois longue et exigeante.

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